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Deuxième album de la seconde vie de Bashung, Roulette Russe est encore un coup d'essai mal transformé, un peu gênant à la réécoute tant il navigue entre deux eaux et ne parvient à en dominer aucune. Bashung a laissé filer le punk et n'a pas encore ingérer la new-wave, il est flanqué d'une bande de musiciens aux compétences strictement "variété-rock" (en français de 1979, cela se traduit par du baloche amélioré) et d'un almanach Vermot vivant, Boris Bergman, dont les calembours paraissent aujourd'hui bien périmés (Guru, tu es mon Fürher de vivre, hum...). Croisement entre le Christophe du Beau Bizarre et Jean-Patrick Capdevielle (qui émerge aussi dans ces années-là), il n'a ni la folie curieuse du premier ni l'efficacité burinée du second, son image revendiquée de Mohican urbain ayant du mal à s'affirmer. Entre semi-réussites (Je fume pour oublier que tu bois, fulgurance gainsbourienne) et ratages magistraux (l'innénarable Pas question que je perde le feeling), l'album ressemble à un assemblage ingrat et relativement terne, même si un nouveau mixage datant de 1992 (à l'époque de la première intégrale) aura su lui redonner un brin d'éclat. Mais à l'époque, la génération qui tambourinait celle des Taxi Girl et des Marquis de Sade, s'avérait notablement plus excitante, et Bashung n'avait pas encore sorti sa Gaby en ville pour enfin attirer les regards. "J'ai pas trouver le dernier Kraftwerk", finit-il par plaider sur l'autobiographie Elsass Blues. C'est bien dommage. Christophe
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