CLIMAX
(2000 - Barclay 543 648-2)

Une intégrale n'aura donc pas suffi. Avec l'an 2000, Bashung se pique encore une crise de conscience et malaxe de nouveau ses archives. En deux volumes, il pose ici trente-huit repères historiques pour défier le temps et procède, au passage, à deux ou trois petites rectifications. Toutes les obsessions de Bashung sont là, en version originale ou en relecture live : la ligne blanche, Gaby plantée près du panneau "stop", Les Petits Enfants juste à côté, la caravane, l'Imbécile favori, Joséphine, l'apiculteur suivi comme son ombre par l'âne planant, le soldat sans joie, Madame, Hendrix et les Moody Blues. "Le tango funèbre" de Brel, enregistré pour la compilation hommage "Aux suivants", vient compléter le tableau. Dans son élan, Bashung a cédé à quelques coquetteries et invité divers oiseaux de passage à retoucher le profil de certaines chansons. Avec Marc Ribot, ils jouent "Les Grands Voyageurs" façon vieux bluegrass et remusclent "À Ostende". M le rossignol vient faire quelques loopings sur un "What's in a bird" migrateur. Rodolphe Burger ajoute un harmonica sur "Samuel Hall" et Noir Désir s'engage "Volontaire". Mais la plus grosse attraction de cette compilation est ailleurs : avec la visite surprise de Rachid Taha, qui délivre un passeport international à "Ode à la vie" en la pimentant de son oud et de son chant oriental. Redimensionné à l'échelle de la planète, l'univers de Bashung semble prêt à affronter sereinement le nouveau siècle.

Marc Besse